{"id":4786,"date":"2013-07-28T03:57:53","date_gmt":"2013-07-28T01:57:53","guid":{"rendered":"http:\/\/notrecarnetderoute.com\/wp\/?p=4786"},"modified":"2013-08-03T12:04:34","modified_gmt":"2013-08-03T10:04:34","slug":"derniere-publication-black-magic","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/notrecarnetderoute.com\/wp\/?p=4786","title":{"rendered":"Black magic"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Quand un ni-van vous parle d\u2019Ambrym, une \u00e9tincelle d\u2019inqui\u00e9tude assombrie son regard. Cette \u00eele est celle de la magie noire. Le ciel gris au dessus de nos t\u00eates, ce n\u2019est pas un hasard, on nous a marabout\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La piste menant \u00e0 notre guesthouse a aussi d\u00fb l\u2019\u00eatre, plus d\u2019une heure pour faire quelques malheureux kilom\u00e8tres, elle est limite praticable\u00a0! Gr\u00e2ce \u00e0 nos incantations, nous arrivons sains et saufs \u00e0 Lalinda, chez Jos\u00e8s, notre guide. Apr\u00e8s une apr\u00e8s-midi de palabres, nos chemins se s\u00e9parent, lui file au nakamal pour son (ses) kava, nous au lodge pour notre d\u00eener. Nous ne nous attardons pas \u00e0 demander les recettes, nous filons au lit pour un peu de repos avant nos 2 jours de trek.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un volcan, mais quel volcan\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ambrym, ce n\u2019est pas un, mais deux volcans\u00a0! A la diff\u00e9rence de Yasur, Bembo et Marum ne crachent pas, ce sont \u00ab\u00a0juste\u00a0\u00bb deux lacs de lave en fusion. Mais \u00e7a, c\u2019est par beau temps, car une m\u00e9t\u00e9o infernale nous aura \u00e0 peine permis d\u2019en profiter. D\u00e9j\u00e0 lors de l\u2019ascension \u00e0 travers le bush subtropicale les coul\u00e9es de lave, la pluie s\u2019invite, \u00e7a n\u2019est qu\u2019un avant go\u00fbt. D\u00e8s que nous mettons les pieds au camp de base, elle redouble, pour le Bembo tout proche c\u2019est r\u00e2p\u00e9. D\u2019ailleurs, le groupe de cal\u00e9doniens parti l\u2019observer ne revient qu\u2019avec des chaussettes mouill\u00e9es et le moral dedans. Heureusement que nous avons eu la bonne id\u00e9e d\u2019emprunter une tente waterproof \u00e0 Jos\u00e8s, car dans la nuit, l\u2019intensit\u00e9 redouble (\u00e7a fait beaucoup\u00a0de pluie!). Notre route vers le Nord de l\u2019\u00eele passe par le crat\u00e8re du Marum. Deux pas dans la caldeira suffisent \u00e0 annihiler nos derniers espoirs d\u2019assister au spectacle. Pluie et vent s\u2019engouffrent, nous rincent et ralentissent nos pas, c\u2019est terrible. Les paysages volcaniques nous entourant nous sont presque invisibles<b>.<\/b> Aux pieds du Marum, les nuages sont toujours l\u00e0, gris, d\u00e9versant une abondante pluie. C\u2019est confirm\u00e9, nous ne verrons pas grand-chose. A peine 5 secondes o\u00f9 nous distinguons cette marmite diabolique. Dans ce crat\u00e8re, les nuages s\u2019engouffrent et les gaz toxiques tourbillonnent, formant un imp\u00e9n\u00e9trable brouillard. Seul le son parvient \u00e0 nos oreilles, \u00e7a \u00e0 l\u2019air compl\u00e8tement dingue ce qui se d\u00e9roule 400 m\u00e8tres sous nos pieds. Non sans regrets, nous tournons le dos au Marum. Mine de rien, il nous reste de la route. La pluie nous laisse un court r\u00e9pit, de quoi appr\u00e9cier les paysages alentours. Quand enfin nous rallions Ranvetlam, premier village au sortir du volcan, le soulagement domine malgr\u00e9 une grosse pointe de d\u00e9ception, c\u2019est la vie\u00a0! Pour rejoindre notre r\u00e9sidence du soir, nous embarquons dans le confort (sommaire) d\u2019un truck.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Yam festival<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En plus des volcans, Ambrym poss\u00e8de aussi les pires bungalows que nous ayons fr\u00e9quent\u00e9s. Non pour les propri\u00e9taires, mais pour ses installations, Lili d\u00e9croche la palme. Mais quand la fatigue vous rattrape, elle ne se pr\u00e9occupe gu\u00e8re de la qualit\u00e9 du couchage, elle s\u2019en accommode. Si nous avons travers\u00e9 l\u2019\u00eele du Sud au Nord, c\u2019est pour le Magic Festival, \u00e0 Olal. \u00d4 surprise, quand nous rallions la nasara (lieu r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la coutume dans un village) \u00e7a sonne plus que creux que dans les tam-tams. A cette heure l\u00e0, nous devrions \u00eatre en retard pour les festivit\u00e9s, mais pas aujourd\u2019hui. Norbert, chef de village et responsable du festival, d\u00e9m\u00eale l\u2019imbroglio. Hier, les intemp\u00e9ries les ont contraints \u00e0 annuler la premi\u00e8re journ\u00e9e. Pour notre plus grand soulagement, il nous annonce que le spectacle doit avoir lieu cette apr\u00e8s-midi, en version courte. Apr\u00e8s un copieux lunch, nous nous rendons au nasara, pas une seule trace des 17 touristes cens\u00e9s nous rejoindre. Et dernier d\u00e9tail, ce festival n\u2019est pas le Magic Festival, mais le Yam Festival, celui c\u00e9l\u00e9brant la r\u00e9colte de l\u2019igname, le mal de t\u00eate nous guette\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Assis face aux fameux tam-tams d\u2019Ambrym, nous sommes pr\u00eats pour les c\u00e9l\u00e9brations. Malgr\u00e9 la faible affluence, ils ont mis les petit penis dans les grand nambas. Les hommes ont rev\u00eatu leurs habits traditionnels, tout n\u2019est pas rang\u00e9 dans le nambas\u2026 Danses rituelles rythm\u00e9es au son du tam-tam, dessin sur sable, explications. Norbert se mue en guide personnel et nous explique ce qui se joue sous nos yeux. Clou du spectacle, la dance du rom clos les festivit\u00e9s. Masques et capes en feuilles de bananiers viennent compl\u00e9ter la panoplie. Le bruit des costumes, les chants des hommes, le rythme du tam-tam, les danses, tout le mystique d\u2019Ambrym se joue sous nos yeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s cette partie de plaisir, les affaires courantes reprennent. D\u00e9j\u00e0 vendredi, nous devons penser \u00e0 retourner \u00e0 Craig Cove prendre notre avion du dimanche. Et pour retourner au Sud, une seule solution, \u00f4 combien on\u00e9reuse, les speedboat. Mais Norbert, encore lui, nous glisse une astuce\u00a0: le caboteur. Pour 12 fois moins ch\u00e8re que le speedboat, ce transport de marchandises peut nous d\u00e9poser \u00e0 Craig Cove. Annonc\u00e9 entre 6h et 9h du matin, c\u2019est avec beaucoup d\u2019avance, \u00e0 1h30 que nos embarquons, m\u00eame pas le temps de r\u00eaver au tam-tam que nous avons acquis plus t\u00f4t dans la soir\u00e9e\u00a0! Pas forc\u00e9ment rassur\u00e9s, ni s\u00fbrs de notre coup, nous nous lan\u00e7ons dans l\u2019aventure. Apr\u00e8s quelques p\u00e9rip\u00e9ties, Jos\u00e8s embarque \u00e0 Ranon, o\u00f9 le caboteur marque l\u2019arr\u00eat. Il n\u2019ya rien de plus typique que l\u2019animation qui r\u00e8gne sur la plage. Le cochon s\u2019\u00e9chappe, la poursuite commence, les cris, les rires, \u00e7a nous r\u00e9veille un peu, il est 4h du mat\u2019. Cette nuit l\u00e0, la mer est calme, la lune brulante, le bateau charg\u00e9 de kava pour la capitale, les odeurs nous chatouillent les narines. A 6h, nous ne sommes pas m\u00e9contents de mettre pieds \u00e0 terre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Hospitalit\u00e9 ni-van<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre derni\u00e8re journ\u00e9e, nous la passerons avec Willi, un ami de Jos\u00e8s. Pas de bungalow, nous logeons chez l\u2019habitant, la famille est presqu\u2019au complet. Entre d\u00e9tente et discussions, nous passerons une journ\u00e9e tr\u00e8s tranquille. Puis, comme chaque fin d\u2019apr\u00e8s midi partout dans le pays, c\u2019est kava time. Jimmy se colle \u00e0 la pr\u00e9paration du tant attendu breuvage. D\u2019abord \u00e9plucher les racines, puis les couper finement. Ensuite les passer sous l\u2019eau avant de les hacher. Enfin, on essore le tout. A mi-chemin entre une eau de vaisselle immonde et une mare de boue, \u00e7a ne donne pas envie. Mais au moins, l\u2019aspect colle avec le go\u00fbt\u00a0! Pas bon ou d\u00e9gueulasse, c\u2019est selon. Pour cette c\u00e9r\u00e9monie, les femmes ne sont pas convi\u00e9es, elles assistent de loin au spectacle. Il y\u2019a dans cette potion au gout poivr\u00e9 quelques chose qui s\u2019attaque au cerveau des ni-van. Apr\u00e8s plusieurs coupes, ils sont d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leurs moyens, amorphes, s\u2019expriment et se meuvent difficilement, c\u2019est un pi\u00e8tre spectacle. En plus de cela, ils se mettent \u00e0 cracher comme des lamas et fumer comme des pompiers, pas vraiment ce \u00e0 quoi nous pensions assister. Sur nous, pas d\u2019effets, \u00e9tonnant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir v\u00e9cu cette exp\u00e9rience atypique nous quittons Ambrym, pour une derni\u00e8re semaine au Vanuatu que nous souhaitons ensoleill\u00e9e et sans kava\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand un ni-van vous parle d\u2019Ambrym, une \u00e9tincelle d\u2019inqui\u00e9tude assombrie son regard. Cette \u00eele est celle de la magie noire. 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