{"id":2994,"date":"2012-12-07T21:55:38","date_gmt":"2012-12-07T20:55:38","guid":{"rendered":"http:\/\/notrecarnetderoute.com\/wp\/?p=2994"},"modified":"2012-12-15T00:07:15","modified_gmt":"2012-12-14T23:07:15","slug":"derniere-publication-angelus-hut","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/notrecarnetderoute.com\/wp\/?p=2994","title":{"rendered":"Angelus Hut"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">En feuilletant les livres du Beaconstone, nous d\u00e9couvrons l\u2019Angelus Hut, randonn\u00e9e au nom charmeur, \u00e0 laquelle nous ne pouvons r\u00e9sister. Trois jours, deux nuits, de la montagne, des paysages sublimes, une Hut tr\u00e8s r\u00e9put\u00e9e, il n\u2019en faut pas moins pour nous faire d\u00e9coller de notre petit coin de paradis. Mais avant l\u2019action, la pr\u00e9paration, \u00e9tape primordiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>J-3\u00a0Check the weather forecasts:<\/strong> un \u00e9ni\u00e8me tour \u00e0 la biblioth\u00e8que le confirme une fois pour toute, nous avons mis dans le mil, beau temps mardi, mercredi et jeudi prochain. Mais, et il y\u2019en a un gros, <strong><\/strong>le S\u00e9bastien Folin local est du genre gaffeur. Il peut annoncer du beau temps pour le jour J, ce n\u2019est pas pour autant que la pluie ne se pointera pas. Ici, la m\u00e9t\u00e9o tient plus de la loterie que de la science, c\u2019est \u00e0 peine si on peut s\u2019y fier\u00a0la veille pour le lendemain ! Mais, comme nous aimons vivre dangereusement, nous prenons le risque, nous partirons lundi prochain, pour commencer la rando d\u00e8s le lendemain, plus o\u00f9 moins \u00e0 la premi\u00e8re heure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>J-2 Pr\u00e9parer son backpack sous le soleil\u00a0:<\/strong> exactement comme \u00e7a n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu, le soleil brille de mille feux. Un dernier treat \u00e0 la Bay House pour chasser la nostalgie, nous voila psychologiquement pr\u00eats \u00e0 quitter le nid. Essentielle, la pr\u00e9paration du sac requiert toute notre attention. Deux limites s\u2019imposent \u00e0 nous, la capacit\u00e9 du sac et la r\u00e9sistance de Nico. Moins fort qu\u2019un Sherpa, Nico ne peut pas tout trimbaler sur le dos, et de toute fa\u00e7on la place est compt\u00e9e dans le sac. Tout est donc \u00a0m\u00e9ticuleusement recens\u00e9: six bars de c\u00e9r\u00e9ales, deux snickers, quatre sachets de nouilles chinoises, deux sachets de riz complet, une bo\u00eete de sardines au citron, quatre pommes, un reste de fromage, du jambon et du pain pour les sandwichs, deux parts de clafoutis pr\u00e9par\u00e9es la veille, deux bouteilles d\u2019eau, deux sachets pour des infusions (un th\u00e9 et une tisane), un gaz cooker, les gamelles, l\u2019opinel, nos couverts all-in-one (fourchette, couteau, cuill\u00e8re), un plaid, deux sacs de couchage, des v\u00eatements secs pour le soir, les bonnets, les gants, la cr\u00e8me solaire, quelques m\u00e9dicaments, les lunettes, sans oublier bien s\u00fbr l\u2019appareil photos et la cam\u00e9ra. Cet inventaire \u00e0 la Pr\u00e9vert, n\u2019est pas seulement ennuyeuse, elle est \u00e9galement lourde. Une fois le paquetage fait, 8 kilos pour Nico, 3 pour C\u00e9lia, pas rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>J-1\u00a0D\u00e9part pour Saint Arnaud:<\/strong> le temps est comme nous, triste. La voiture est charg\u00e9e, l\u2019heure des\u00a0au-revoir\u00a0venue, l\u2019heure du d\u00e9part a sonn\u00e9. Sur la route, la pluie fait quelques incursions, pas bon signe. Demain, nous n\u2019aurons plus de toit pour nous prot\u00e9ger, prions pour que la m\u00e9t\u00e9o soit fiable. Arriv\u00e9s sur place, notre optimisme est mis \u00e0 rude \u00e9preuve, la grisaille s\u2019accroche aux montagnes comme les puces aux chiens. Au bureau du DOC (D\u00e9partement of Conservation), o\u00f9 nous devons r\u00e9server notre nuit en hut et prendre des renseignements, nous tombons nez \u00e0 nez avec un \u00eatre moiti\u00e9 rugbyman, moiti\u00e9 m\u00e9g\u00e8re. Son plus beau sourire incrust\u00e9 sur sa face, elle nous annonce que la rando que nous avions pr\u00e9vu est ferm\u00e9e. Sans \u00e9quipement ad\u00e9quat (crampons et piolets), nous ne pourrons emprunter un des tron\u00e7ons, la voie est gel\u00e9e. Heureusement, il y\u2019a un plan B\u00a0! Angelus Hut est accessible par un autre chemin, la Speargrass valley. Au lieu de trois jours, seuls deux sont n\u00e9cessaires. Bloody ice, tout le backpack est \u00e0 refaire\u00a0! Mais avant tout, trouvons de quoi dormir. Nelson Motel &amp; Backpacker, plus une seule chambre de libre, nous devons migrer dans un cottage, petite maison que nous partagerons avec un couple de retrait\u00e9s du sud de la France, \u00e7a sent la partie de p\u00e9tanque\u00a0! Avant d\u2019entamer la discussion, le sac \u00e0 dos. Nico lutte farouchement pour l\u2019abandon du gaz cooker, on le soup\u00e7onne de vouloir s\u2019\u00e9conomiser un peu de poids. Comme le temps n\u2019est pas au grand froid, il l\u2019emporte, nous mangerons froid, les nouilles chinoises \u00e7a sera pour une prochaine fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Jour J\u00a0A l\u2019attaque du Mont Robert:<\/strong> les pattes commen\u00e7aient \u00e0 nous d\u00e9manger, un petit moment que nous n\u2019\u00e9tions partis en rando. Une fois n\u2019est pas coutume, la m\u00e9t\u00e9o a juste, ce n\u2019est pas grand ciel bleu, mais c\u2019est quand m\u00eame pas mal. Nous commen\u00e7ons par le plus spectaculaire, la cr\u00eate de Robert. Dit comme \u00e7a, on pourrait penser \u00e0 la coupe de cheveux de Robert, votre voisin retrait\u00e9. En anglais \u00e7a le fait plus, la Robert Ridge Track, chemin qui passe sur la cr\u00eate de la montagne, le Mont Robert. La mont\u00e9e est un peu poussive, le manque d\u2019exercice se fait ressentir. Arriv\u00e9s l\u00e0-haut, \u00e7a souffle\u00a0un max, la frange de C\u00e9lia ne tient pas en place. Sans aucune protection, expos\u00e9s aux quatre vents, il fait frisquette. Nos blousons ne font pas la balade pour rien, nous les enfilons aussit\u00f4t. Cette petite brise provient des montagnes alentours sur lesquelles nous avons une vue panoramique. Sur la cr\u00eate, la montagne est belle, noire, rocailleuse, parfois m\u00eame recouverte de neige, il n\u2019y a pas trace de verdure ici. Apr\u00e8s quelques heures de marche, l\u2019observation laisse place \u00e0 la concentration, le chemin devient plus escarp\u00e9. La neige nous oblige \u00e0 bifurquer, certains tron\u00e7ons sont totalement recouverts. La tranquille randonn\u00e9e se transforme alors en parcours d\u2019escalade, \u00e0 flanc de montage. D\u2019un cot\u00e9, la neige, de l\u2019autre le vide, on repousse l\u2019observation \u00e0 plus tard. On se focalise sur notre route, on file droit et on regarde o\u00f9 on met les pieds. Nous comprenons mieux pourquoi des comp\u00e9tences alpines sont requises pour cette randonn\u00e9e. Habituellement, les difficult\u00e9s sont effac\u00e9es par des am\u00e9nagements du DOC, pas ici. Apr\u00e8s 5 heures de marche et d\u2019escalade, nous arrivons au bord du cirque o\u00f9 l\u2019Angelus Hut a pris place, en contrebas. Il nous faut bien descendre de 200 m\u00e8tres d\u2019altitude pour arriver au niveau des deux lacs qui le borde, \u00e0 1650 m\u00e8tres. Quinze heures sonnent \u00e0 peine quand nous arrivons, ni livre, ni ordi, pas de cuisine (le riz est d\u00e9j\u00e0 cuit), la fin de journ\u00e9e pourrait s\u2019av\u00e9rer longue. Dans cet entassement h\u00e9t\u00e9roclite de randonneurs kiwis et \u00e9trangers, la mayonnaise ne prend pas vraiment. Chacun reste plus o\u00f9 moins dans son coin, en couple o\u00f9 en groupe, personne ne daigne vraiment s\u2019int\u00e9resser \u00e0 nous, nous ne faisons pas non plus l\u2019effort. La montagne autour sera notre divertissement. Il serait dommage de venir jusqu\u2019ici sans profiter de ce panorama magnifique. Le lac gel\u00e9, les petits ruisseaux, les sommets baign\u00e9s d\u2019une lumi\u00e8re rasante, c\u2019est somptueux, la nature nous g\u00e2te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Entre J et J+1\u00a0Fin de journ\u00e9e au camp de base:<\/strong> le coucher de soleil rouge sang aura \u00e9t\u00e9 la seule animation de notre soir\u00e9e, et aussi sa plus grande r\u00e9ussite. Car notre repas n\u2019aura pas fait honneur \u00e0 notre tradition culinaire. Le riz aux sardines est loin de s\u2019inscrire dans la longue tradition de la cuisine fran\u00e7aise. L\u2019observation du panorama comme seul passe temps, les minutes s\u2019\u00e9grainent, lentement. L\u2019heure du coucher arrive comme une lib\u00e9ration. Nos deux sacs de couchage assembl\u00e9s pour ne faire qu\u2019un, nous pensons tenir LA bonne id\u00e9e. Tu parles\u00a0! Saucissonn\u00e9s, serr\u00e9s, mal install\u00e9s, g\u00ean\u00e9s, tordus, le cauchemar\u00a0\u00e9veill\u00e9 ! Le sommeil ne vient que par bribes, et une nuit sans dormir, c\u2019est long\u00a0! On cherche le sommeil, mais on y arrive pas, on s\u2019\u00e9nerve, on gigote, on g\u00eane encore plus son voisin, l\u2019engrenage infernal\u00a0! Le matin, avant m\u00eame d\u2019avoir pos\u00e9 un pied par terre, on est \u00e9nerv\u00e9, stress\u00e9. Normalement, une nuit en refuge \u00e7a commence t\u00f4t, c\u2019est calme (sauf ronfleurs) et reposant. Tout l\u2019inverse de l\u2019Angelus\u00a0! Plus jamais de sac de couchage commun, pas une promesse, un commandement\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>J+1\u00a0Nous avons mang\u00e9 notre pain noir:<\/strong> s\u2019il avait fallu compter sur le petit d\u00e9j\u2019 pour nous mettre de bonne humeur, nous aurions d\u00e9j\u00e0 saut\u00e9 dans les eaux glac\u00e9es du lac. La bonne nouvelle vient du ciel, le soleil brille. Un instant, nous h\u00e9sitons \u00e0 reprendre la cr\u00eate, histoire de voir les choses sous un grand ciel bleu, la tentation est grande. A la crois\u00e9e des chemins, deux choix, tout droit la cr\u00eate, \u00e0 gauche Speargrass valley. Va pour Speargrass, bouclons la boucle. Du haut de nos 1800 m\u00e8tres d\u2019altitude, nous plongeons dans la vall\u00e9e. Il en va de m\u00eame pour le paysage que pour un cr\u00e2ne d\u00e9garni, plus on se rapproche du sommet, moins l\u2019herbe pousse. La cr\u00eate est noire, brute, sans verdure. Par contradiction, la vall\u00e9e se pare d\u2019un vert \u00e9clatant, contraste \u00e9tourdissant. Autour du ruisseau qui coule ici, la flore s\u2019\u00e9panouit, les flax et autres esp\u00e8ces d\u2019arbres y abondent. Cela ne va pas sans nous poser un petit probl\u00e8me. Notre chemin longe ce cours d\u2019eau, passant d\u2019une rive \u00e0 l\u2019autre, au gr\u00e9 des humeurs du bonhomme qui a dessin\u00e9 le trac\u00e9. Petit \u00e0 petit, il devient moins petit. Encore filet d\u2019eau, nous l\u2019enjambons tel d\u2019habiles hobbits, devenu ruisseau, il nous faut chercher les rochers nich\u00e9s dans son lit pour le traverser. Signe d\u2019habilet\u00e9, nous gardons nos petons bien secs. Lorsque nous d\u00e9cidons de nous arr\u00eater pour notre pause d\u00e9jeuner, ce n\u2019est pas la faim qui nous guide, mais le lieu qui nous oblige. Dans un \u00eelot de verdure, nich\u00e9s aux pieds du Mont Robert, le plaisir est d\u00e9cupl\u00e9, tout devient meilleur. M\u00e8re nature nous offre son meilleure cru d\u2019eau cristalline pour nous d\u00e9salt\u00e9rer, l\u2019herbe chatouille la plante de nos pieds nus, le soleil nous emplit d\u2019une chaleur revigorante, le temps suspend son envol. Tout devient plus succulent, m\u00eames nos jambons fromages, deviennent soudainement le meilleur des repas. La magie de la vall\u00e9e s\u2019ach\u00e8ve avec cet \u00e9pisode. Le mince filet d\u2019eau est devenu rivi\u00e8re, la vall\u00e9e herbeuse a laiss\u00e9 place au bush. De notre plein gr\u00e9, nous traversons, les pieds dans l\u2019eau, le ruisseau. Pour nous le bain de pieds, pour le randonneur derri\u00e8re nous, le bain de si\u00e8ge, frais en plus. Royaume des oiseaux, la for\u00eat s\u2019anime de leurs chants, tels des encouragements pour nous pousser jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au bout, la lumi\u00e8re, nous sommes \u00e0 destination, c\u2019est fini. Pour une soir\u00e9e encore, nous partagerons notre cottage, avec des kiwis cette fois-ci. Pendant qu\u2019ils d\u00eeneront, un peu pompettes, au resto, nous resterons sagement \u00e0 la maison, d\u00e9gustant nos frites de kumaras. Un petit coup de fil en France pour souhaiter un joyeux anniversaire au Papa de Nico, voila notre journ\u00e9e qui s\u2019ach\u00e8ve, des images plein la t\u00eate.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En feuilletant les livres du Beaconstone, nous d\u00e9couvrons l\u2019Angelus Hut, randonn\u00e9e au nom charmeur, \u00e0 laquelle nous ne pouvons r\u00e9sister. Trois jours, deux nuits, de la montagne, des paysages sublimes, une Hut tr\u00e8s r\u00e9put\u00e9e, il n\u2019en faut pas moins pour nous faire d\u00e9coller de notre petit coin de paradis. 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