{"id":1160,"date":"2012-04-11T15:39:38","date_gmt":"2012-04-11T13:39:38","guid":{"rendered":"http:\/\/notrecarnetderoute.com\/wp\/?p=1160"},"modified":"2012-08-01T23:39:52","modified_gmt":"2012-08-01T21:39:52","slug":"arigato-gozaimasu","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/notrecarnetderoute.com\/wp\/?p=1160","title":{"rendered":"Arigat\u014d gozaimasu"},"content":{"rendered":"<p>Dernier pays de notre trilogie asiatique, le Japon, un pays p\u00e9tri de l\u00e9gendes. Ninjas, samoura\u00efs, geishas, chevaliers du zodiaque, tout \u00e7a nous allons enfin le voir en chair et en os et non sur les pages d\u2019un manga.<\/p>\n<p>Notre arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019a\u00e9roport d\u2019Osaka se fait calmement, Godzilla devait semble t-il dormir puisque notre avion n\u2019a pas eu \u00e0 subir son attaque, \u00e9vitant ainsi \u00e0 Actarus, aux commandes de Goldorak, d\u2019intervenir et d\u2019interrompre son labeur au ranch du Bouleau Blanc, une bonne nouvelle pour tout le monde donc. Tout \u00e7a pour vous dire que le Japon est un des pays, sinon THE pays, le plus sur au monde (merci Nicky Larson), on pourrait m\u00eame ajouter le plus organis\u00e9 au monde. D\u00e8s notre arriv\u00e9e \u00e0 Kansai (l\u2019a\u00e9roport) on ressent la diff\u00e9rence avec les voisins chinois et philippins. Tout est r\u00e9gl\u00e9 au quart de poil pr\u00e8s, personne ne sort des lignes, on vous guide, rien n\u2019est laiss\u00e9 au hasard, c\u2019est impressionnant et finalement tr\u00e8s relaxant, il y a juste \u00e0 suivre le mouvement, se laisser gentiment guider. La sensation est d\u2019autant plus agr\u00e9able qu\u2019apr\u00e8s avoir souvent ram\u00e9 pour arriver \u00e0 nos fins depuis le d\u00e9but de notre s\u00e9jour, ici, tout devient plus facile.<\/p>\n<p>Bref, nous sommes zen, malgr\u00e9 les 10\u00b0C de moins par rapport aux Philippines.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Manille, Osaka ressemble un peu \u00e0 un retour \u00e0 la civilisation. Avec ses grattes ciel, ses n\u00e9ons, ses centres commerciaux, ses ramens, sa conduite \u00e0 gauche, ses trains, ses jardins, elle rassemble toutes les caract\u00e9ristiques de la grande ville japonaise moderne. Troisi\u00e8me ville du pays, elle est d\u2019un abord facile pour les gaikokujin que nous sommes : tout est indiqu\u00e9, fl\u00e9ch\u00e9, c\u2019est presque trop facile. Et une chose nous saute aux yeux, la propret\u00e9 incroyable de la ville, on dirait qu\u2019elle vient tout juste d\u2019\u00eatre d\u00e9ball\u00e9e. A cela, une seule raison, la discipline des japonais. Vous n\u2019en verrez pas un jeter l\u2019emballage de son casse cro\u00fbte apr\u00e8s l\u2019avoir englouti, pas de \u00e7a ici, on risquerait m\u00eame une amende. Cela peut para\u00eetre un peu d\u00e9risoire de s\u2019arr\u00eater \u00e0 ce genre de d\u00e9tails, mais cela donne une sensation de bien \u00eatre tr\u00e8s agr\u00e9able, alors qu\u2019\u00e0 d\u2019autres endroits cela nous laissait un petit go\u00fbt amer, surtout en pleine nature.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir arpent\u00e9 \u00e0 pieds les rues de la ville, le soleil se couche gentiment sur notre journ\u00e9e de d\u00e9couverte. Du haut de nos 173 m\u00e8tres d\u2019altitude, la qui\u00e9tude nous gagne. Perch\u00e9s au sommet de l\u2019Umeda Sky building et de son floating garden observatory, qui n\u2019est absolument pas un jardin, on profite d\u2019un magnifique panorama \u00e0 360\u00b0 sur la ville pour nous rem\u00e9morer nos moments pass\u00e9s \u00e0 vagabonder. A Dotonbori, l\u2019animation permanente, les couleurs criardes, les jeunes japonais fashions d\u00e9filant en permanence nous aurons mis dans l\u2019onsen (bain japonais). Quoi de plus normal qu\u2019un homard g\u00e9ant agitant ses pinces et ses pattes pour vous inviter \u00e0 venir le d\u00e9vorer ?!? Pikachu d\u00e9barquerait ici qu\u2019on le prendrait pour un simple livreur de pizza ! Mais ne vous y m\u00e9prenez pas, cette \u00e9nergie d\u00e9bordante n\u2019a rien d\u2019oppressant, bizarrement, on se sent serein, relax, d\u00e9tendu.<\/p>\n<p>Ici, nous avons d\u00e9couvert la face moderne du Japon. Nous ne savions pas vraiment \u00e0 quoi nous attendre, bien ou pas, les deux sons de cloches nous \u00e9taient parvenus. Et \u00e0 la fin, il faut reconna\u00eetre qu\u2019Osaka, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de sa r\u00e9putation dans l\u2019art culinaire, f\u00fbt une bonne mise en bouche.<\/p>\n<p>Passons maintenant \u00e0 notre plat de r\u00e9sistance : Kyoto. Avec elle, la face plus traditionnelle du Japon s\u2019offre \u00e0 nous, par moment nous ferons de v\u00e9ritables bonds dans le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Parlons en justement de son pass\u00e9. Soucieux de se soustraire de l\u2019influence grandissante des moines bouddhistes de la capitale de l\u2019\u00e9poque, Nara, l\u2019empereur Kammu d\u00e9pla\u00e7a d\u2019un coup de baguette magique celle-ci vers un autre site. Naquit alors Heiankyo, capitale de la paix, en 794. Pendant longtemps Kyoto conserva son statut de capitale imp\u00e9riale, avant de se voir d\u00e9chue de ce titre en 1868, sous le shogunat Tokugawa, au profit de Tokyo, alors appel\u00e9e Edo. Malgr\u00e9 les destructions, incendies et guerres que connut la ville, elle garde les marques d\u2019un pass\u00e9 riche.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui Kyoto ne ressemble pas \u00e0 une grande m\u00e9galopole moderne. Bien aid\u00e9e en cela par les architectes qui, \u00e0 notre grand bonheur, n\u2019ont pas suivie la voie de la densification du M\u00b2 pour son d\u00e9veloppement, tout est \u00e0 taille humaine. Pas de tours immenses pour cacher le soleil, au contraire, des quartiers remplis de maisons \u00e0 un ou deux \u00e9tages, \u00e7a donne un cot\u00e9 tout \u00e0 fait charmant \u00e0 l\u2019ensemble, on s\u2019y sent bien, un peu comme dans un village. A Sannenzaka, par exemple, le chemin pav\u00e9 se faufile entre les maisons de th\u00e9, les restaurants et les boutiques, tous ont leurs \u00ab noren \u00bb personnalis\u00e9s pour marquer l\u2019entr\u00e9e de leur \u00e9choppe. Au d\u00e9tour d\u2019une rue, la plus haute pagode du Japon, s\u2018\u00e9l\u00e8ve, majestueuse. Quand, plant\u00e9s dans ce d\u00e9cor, on croise des japonaises en kimono fl\u00e2nant, on se frotte les yeux, r\u00eave ou r\u00e9alit\u00e9 ? A Potoncho, Shinbashi et plus g\u00e9n\u00e9ralement dans le quartier de Gion et d\u2019Higashiyama, l\u2019impression sera toujours la m\u00eame, celle de revivre l\u2019\u00e9poque de la grandeur de Kyoto, \u00e0 chaque instant on s\u2019attend \u00e0 apercevoir un samoura\u00ef en tenue, croiser les gens de la cour imp\u00e9riale ou encore des commer\u00e7ants accompagn\u00e9s de dame de compagnie, les fameuses geishas, pour se rendre \u00e0 la traditionnelle c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9. On finirait presque par croire que nous sommes en train d\u2019interrompre le tournage du film \u00ab M\u00e9moires d\u2019une geisha \u00bb ! Du coup avec deux occidentaux \u00e7a fait un peu t\u00e2che\u2026<\/p>\n<p>Shinto\u00efste ou bouddhiste, et m\u00eame les deux, vous trouverez ici votre bonheur. Nous n\u2019avons pas assez de doigts pour compter tous les temples qui existent dans cette ville ! Venir \u00e0 Kyoto sans en visiter rel\u00e8verait de l\u2019h\u00e9r\u00e9sie, surtout qu\u2019entour\u00e9s de leurs jardins japonais, ce sont des petites merveilles. D\u00e9couvrir \u00e0 la nuit tomb\u00e9e les piliers en bois de plus de 15 m\u00e8tres de haut soutenant la plateforme principale du Kyomizu-Dera avec en toile de fond Kyoto, \u00e7a a quelque chose de magique. De m\u00eame, \u00e9voluer dans les all\u00e9es enti\u00e8rement recouvertes de torii vermillons du sanctuaire Fushimi Inari Taisha, c\u2019est fabuleux, surr\u00e9aliste. Dans ce sanctuaire, d\u00e9di\u00e9 au Kami Inari, divinit\u00e9 protectrice des c\u00e9r\u00e9ales, donc du riz, plus de 10 000 torii sont recens\u00e9s, incroyable. Si avec \u00e7a le riz ne pousse pas bien ! Et que dire des jardins entourant les temples. Au Kinkaku-Ji, c\u2019est un splendide pavillon recouvert de feuilles d\u2019or qui nous accueille. Son rayonnement suffit \u00e0 ensoleiller les arbres, fleurs et mousses l\u2019entourant. Avec sa v\u00e9g\u00e9tation, ses plans d\u2019eau ses pierres figuratives, et ses divinit\u00e9s diss\u00e9min\u00e9es un peu partout, ce jardin est une parfaite d\u00e9monstration de l\u2019art des jardins \u00e0 la japonaise. Du moins, un type de jardin japonais. Son voisin proche, le Ry\u00f4an-Ji, figure dans une autre cat\u00e9gorie, les jardins zen (Karasansui), ou jardins secs. Du sable et des pierres, voil\u00e0 les ingr\u00e9dients qu\u2019il vous faudra r\u00e9unir pour pratiquer l\u2019exercice, avis aux amateurs. Devant ce jardin, minimaliste, on se r\u00e9fugie dans la contemplation et la r\u00e9flexion. C\u2019est beau, apaisant et plein de symbolique. Dans cet espace, le sable, ratiss\u00e9 chaque jour, \u00e9voque les vagues de la mer entourant 15 \u00eeles, figur\u00e9es par des rochers. Peu importe le point o\u00f9 l&rsquo;on se trouve, il est possible de ne voir que 14 \u00ab\u00a0\u00eeles\u00a0\u00bb. M\u00e9taphore selon certains, expliquant que l&rsquo;on ne peut jamais conna\u00eetre enti\u00e8rement la v\u00e9rit\u00e9&#8230; Bon, le symbolisme nous \u00e9chappe un peu, mais cela ne nous emp\u00eache pas de go\u00fbter pleinement \u00e0 cet art. Petit fr\u00e8re du Kinkaku-Ji, le Ginkaku-Ji a une histoire contrari\u00e9. A l\u2019origine, ce temple devait \u00eatre recouvert de plaques d\u2019argent, mais, la guerre civile japonaise, guerre d\u2019Onin (1867-1877) mis fin \u00e0 ce projet. Aujourd\u2019hui, c\u2019est donc un temple, dont la seule couverture est la patine des ans qui s\u2019offre \u00e0 nous. Encore une fois, un superbe jardin l\u2019entoure. Imm\u00e9diatement \u00e0 cot\u00e9 du temple, la lune se refl\u00e9tant sur les vagues et le Mont Fuji sont repr\u00e9sent\u00e9s dans le sable, ensuite, on prend les m\u00eames et on recommence, mousse, arbres, etc\u2026Loin de provoquer la lassitude, ces visites nous ont permis d\u2019appr\u00e9cier les diff\u00e9rents styles de jardins et aussi de temples, et encore ce n\u2019est qu\u2019un tout petit aper\u00e7u. C\u2019est depuis le Ginkaku-Ji, un v\u00e9ritable appel \u00e0 la r\u00e9flexion, que nous entamerons notre route sur le chemin de la Philosophie.<\/p>\n<p>Ce chemin, longeant un petit ruisseau et aussi une myriade de temples, \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine emprunt\u00e9 essentiellement par des moines. Mais, c\u2019est un philosophe, Kitar\u014d Nishida, qui, parcourant ce chemin tous les jours pour y r\u00e9fl\u00e9chir, le rendit c\u00e9l\u00e8bre et en inspira le nom. Aujourd\u2019hui, c\u2019est \u00e0 nous de l\u2019emprunter, \u00e0 la r\u00e9flexion nous pr\u00e9f\u00e8rerons la contemplation. D\u2019autant plus que, malgr\u00e9 un soleil vif, la foule est clairsem\u00e9e, nous permettant ainsi de go\u00fbter sans partage \u00e0 la qui\u00e9tude de l\u2019endroit. Situ\u00e9 \u00e0 l\u2019Est de Kyoto, ce chemin est bord\u00e9 par la montagne sur un cot\u00e9, et de l\u2019autre c\u2019est la ville qui d\u00e9bute. Nous ne boudons pas notre plaisir, les cerisiers, eux, nous font un peu la t\u00eate. L\u2019Hanami, la floraison des cerisiers, est l\u2019\u00e9v\u00e8nement que nous avions vis\u00e9 pour notre venue au Japon. Malheureusement, des temp\u00e9ratures un peu trop fra\u00eeches, retardent cet av\u00e8nement. Du coup, l\u2019all\u00e9e, bord\u00e9e de cerisiers, est un peu nue quand nous la parcourons. Seuls les bourgeons, un peu rosis, des cerisiers pointent le bout de leur nez, cela donne une ambiance s\u00e9duisante \u00e0 cet endroit, mais avec les cerisiers en fleurs, le spectacle aurait certainement \u00e9t\u00e9 encore plus beau\u2026<\/p>\n<p>En revanche, il est une chose qui fleurit ici ; les boutiques ! Dans ces galeries commerciales, en r\u00e9alit\u00e9 des rues couvertes (bien pratiques lorsque le ciel d\u00e9verse des trombes d\u2019eau, ce qui n\u2019est pas rare !) on y trouve de tout, pour tous les go\u00fbts et pour toutes les bourses. Des fringues, des tampons encreurs, des estampes, des bijoux, de la nourriture, n\u2019en jetez plus il y\u2019en a trop ! Une chose remarquable au Japon, c\u2019est le go\u00fbt avec lequel ils am\u00e9nagent leurs \u00e9choppes, nous sommes tent\u00e9s, d\u2019y rentrer dans toutes, enfin presque. Et aussi, \u00e7a nous permet de d\u00e9couvrir les sp\u00e9cialit\u00e9s culinaires du pays ! Au Nishiki Market, qui a la r\u00e9putation d\u2019\u00eatre l\u2019arri\u00e8re cuisine de Kyoto, on d\u00e9couvre toutes sortes de tofu, l\u00e9gumes, poissons, viandes, fruits secs, desserts qu\u2019on retrouve ensuite \u00e7a et l\u00e0 dans les restaurants. En plus on peut y go\u00fbter sans m\u00eame mettre les pieds dans un restaurant. Les japonais pratiquent aussi l\u2019art de la d\u00e9gustation gratuite, il y\u2019en a partout. A picorer toutes leurs sp\u00e9cialit\u00e9s, on pourrait s\u2019en faire un repas. Bon, \u00e7a fait un peu pique assiette, mais comme \u00e7a on essaie de tout, ne serait ce que par curiosit\u00e9.<\/p>\n<p>Les d\u00e9gustations, nous avons donn\u00e9, au restaurant surtout, mais cuisiner on adore \u00e7a, alors d\u00e8s que l\u2019occasion s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e, nous l\u2019avons saisie. Oui, parce que des restos, nous en avons fait un paquet, et des plats, tout autant. Apr\u00e8s avoir test\u00e9 l\u2019Okonomiyaki \u00e0 Osaka, la ville de naissance de ce plat, puis des nouilles dans un restaurant vieux de plus de 300 ans, nous nous sommes dit, pourquoi pas nous ! Apr\u00e8s avoir englouti des kilos entiers de nouilles depuis la Chine, nous nous sommes donc lanc\u00e9s dans la conception. Et \u00e7a y est, nous savons faire des nouilles \u00ab comme ici \u00bb, dor\u00e9navant appelez nous Mr &amp; Mrs Ajikko, Ne nous manque plus que l\u2019emplacement et les ustensiles et nous pourrons faire concurrence au restaurant de Mr Mittamura, le Mambo.<\/p>\n<p>Enfin, bon, tout \u00e7a ne fait pas sortir les cerisiers ! Il fait frais, il pleut, on les comprend, nous non plus ne voulons pas sortir par ce temps ! Alors puisqu\u2019ici, ils ne veulent pas sortir, nous allons aller les chercher l\u00e0 o\u00f9 ils fleurissent, dans le Sud, o\u00f9 il fait plus chaud : Kyushu !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dernier pays de notre trilogie asiatique, le Japon, un pays p\u00e9tri de l\u00e9gendes. Ninjas, samoura\u00efs, geishas, chevaliers du zodiaque, tout \u00e7a nous allons enfin le voir en chair et en os et non sur les pages d\u2019un manga. 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